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Historique du fusil d'assaut

L'héritage de l'ancien régime, le fusil à un coup à chargement par la bouche

Dès l'apparition des armes à feu portatives et le développement des premiers fusils dans les années 1400-1500, l'utilisation de ces armes a toujours été liée à deux servitudes majeures: l'emploi de poudre noire comme propulseur du projective, ainsi que le chargement par la bouche. Outre sa sensibilité à l'humidité, la poudre noire présentait le désavantage d'encrasser très vite les armes, et de brûler lentement, limitant ainsi les possibilités balistiques des projectiles et leur portée. Le système d'allumage de la poudre à certes évolué de la mèche simple au système à rouet, puis à bassinet et finalement à percussion, mais le principe du chargement par la bouche est resté la règle. Ces deux caractéristiques ont bien sûr influencé la tactique d'engagement des armées. La faible portée de l'arme, sa précision réduite, le temps de rechargement élevé ont forcé les tacticiens à engager la troupe en ordre serré sur le champ de bataille, à faire tirer par rangs successifs, le plus tard possible.

Garder face à face deux bataillons adverses à une trentaine de pas l'un de l'autre, faire charger, tirer, recharger, par rangs, manoeuvrer au vu de l'adversaire, en restant debout, nécessitait une force d'âme peu commune, ou plus communément, un "dressage" terrible. L'origine du drill et de l'école de section est à chercher dans les nécessités militaires de l'époque.

Dans le cas de nos deux bataillons, celui qui arrivait à garder un ordre serré se protègait par un mur de baïonnette contre les charges de cavalerie, la qualité de l'ouverture du feu et sa simultanéité permettant de créer le choc chez l'adversaire. "Tirez les premiers, Messieurs les Anglais…" a certes coûté fort cher à la première ligne française à la bataille de Fontenoy en 1745. Elle a surtout permis aux français de profiter du désordre ainsi créé pour enfoncer le carré anglais et ainsi gagner la journée.

A l'exception des carabines, dotées d'un canon rayé, dont il fallait forcer la balle le long des rayures à coups de maillet, les armes de l'ancien régime avaient donc de piètres capacités balistiques. Un fusil de l'époque de Napoléon était souvent dépourvu de hausse, et était capable de manquer une maison de deux étages à 200 m, la flèche de la trajectoire passant au-dessus d'un cavalier assis sur sa monture. La cadence de tir, compte tenu de la quinzaine de temps réglementaires du chargement, ne dépassait guère deux coups par minute, soit théoriquement environ 1000 coups par minute pour un bataillon.

La révolution de 1849

L'apparition du fusil prussien Dreyse, en 1849, allait changer tout l'art de la guerre. Pour la première fois en effet, une cartouche complète, avec douille de carton, amorce, poudre et projectile était utilisée. Cela permettait de charger l'arme par la culasse, une cartouche après l'autre, avec plusieurs conséquences pratiques:

- augmentation de la cadence de tir, qui montait à environ 6 à 8 coups par minute;

- possibilité de tirer en position couchée, plus stable, et exposant moins le tireur au feu adverse;

- possibilité de rayer le canon, augmentant ainsi la précision et la portée.

La poudre noire restait cependant encore utilisée comme moyen de propulsion, avec les limitations qu'on lui connaît. Bien que très vite des armes alimentées par magasin aient fait leur apparition, augmentant ainsi théoriquement la cadence de tir, l'épaisse fumée créée par le tir masquaient très vite l'adversaire lors du tir de formations, et il fallait bien souvent attendre que celle-ci se dissipe pour reprendre le tir après quelques volées.

L'âge d'or du fusil

L'invention de la poudre sans fumée à base de nitrocellulose par le français Paul Vieille en 1886 allait permettre de surmonter ces inconvénients. Sa combustion plus rapide et plus régulière, son encrassement limité allaient conduire au développement d'armes de plus petit calibre, entre 7 et 8 mm, soit la moitié environ du calibre des armes du temps de l'ancien régime.

De 1890 à 1914, on peut parler de l'âge d'or du fusil. Tant l'apparition de nouvaux organes de visée réglables, le raffinement de l'instruction, l'organisation de compétitions de tir à très grande distance, comme celle de Bisley en Angleterre, à des distances excédant 800 m, que le climat politique favorable à un développement du tir de précision civil, conduisirent à former des générations d'excellents tireurs.

C'est l'époque où les armées européennes pratiquent les feux de section sur de grandes cibles de toile à des distances de 1800 m (les armes de l'époque possèdent une hausse graduée jusqu'à cette distance), où le soldat britannique, pour n'en citer qu'un, passe l'essentiel de son temps d'instruction à tirer. La norme est de huit touchés sur dix coups en une minute sur une silhouette équivalente à la cible G à une distance de 400 yards. Près d'un siècle plus tard, on demande au soldat suisse de tirer cinq coups en quarante secondes et de toucher quatre fois sur cinq une cible G à 300 m avec une arme semi-automatique, avec laquelle on ne perd pas du temps et les organes de visée en faisant le mouvement de charge.

1914-1918, la guerre de la mitrailleuse

Bien que l'Etat-major allemand se soit rendu compte très vite, en 1888 déjà, de la terrible efficacité de la mitrailleuse, les armées européennes renâclent à acquérir cette nouvelle arme. Lors d'un essai devenu célèbre, cent tireurs d'élite prussien avaient tiré chacun dix coups sur un écran de toile éloigné de 1000 mètres, et avaient obtenu 27 % de touchés. Une mitrailleuse Gatling à canons rotatifs avait pris le relais, obtenant 88 % de touchés.

La mitrailleuse et le barbelé ont donné d'un point de vue technique un coup d'arrêt à la guerre de mouvement de l'automne 1914. Bientôt, les belligérants commencèrent à s'enterrer, de la mer du Nord jusqu'à la frontière Suisse. Les bons tireurs de 1914 sont morts ou dispersés dans les unités, chargés de tâches d'instruction. La mitrailleuse règne en maîtresse incontestée sur le champ de bataille. Une pièce a autant de puissance de feu qu'une section de recrues. Dans certains secteurs, les anglais lui confient même l'intégralité de la défense et utilisent les fusiliers pour le ravitaillement en eau de refroidissement et en munition.

Des offensives sont lancées de part et d'autres et s'enlisent très vite. Il faut dire que le franchissement du no man's land entre les tranchées n'est pas une mince affaire. Le sol a été tourné et retourné par des milliers d'obus et de projectiles de tous calibres. Les barbelés ralentissent la progression. Une fois la tranchée ennemie atteinte, il faut la nettoyer. A courte distance, avec un fusil de 1,30 m, nécessitant un mouvement de charge après chaque coup, ce n'est pas chose facile. On réinvente de part et d'autre la grenade à main. On distribue des pistolets aux nettoyeurs de tranchée, voir des fusils à canon lisse chez les américains vers la fin de la guerre. Finalement, les italiens inventent la mitraillette, les allemands reprennent l'idée, en 1918, et obtiennent de bons résultats avec leur Bergmann. De l'autre côté de l'Atlantique, les américains parviennent aux mêmes conclusions et inventent la première Thompson, le "Trench Broom", ou balai de tranchée.

Cependant, le problème de repousser l'inévitable contre-attaque ennemie une fois la tranchée prise a subsisté pendant toute la guerre. Les lourdes mitrailleuses, près de 70 kg avec accessoires, n'arrivent jamais à temps de l'autre côté. Alors on invente le fusil-mitrailleur, comme le fragile Chauchat français, afin de forcer l'ennemi à couvert dans les phases ultimes de l'assaut, et de repousser l'inévitable contre-attaque adverse.

Le char d'assaut aura été aussi une réponse, mais assez tardive. Il sera le moyen de transporter rapidement les mitrailleuses (les premiers modèles n'avaient pas de canons), d'écraser les barbelés, et finalement de protéger l'infanterie en progression.

1918-1957, la double triade de l'infanterie

Au niveau des armes légères, les enseignements de la première guerre mondiale subsisteront tels quels pendant près d'un demi-siècle. Pratiquement toutes les armées du monde structurent leur infanterie autour d'une triade.

Premier élément, le fusil mitrailleur, tirant une balle de fusil à pleine puissance, avec une portée pratique de 6 à 800 m, capable de gagner la supériorité de feu et de forcer l'ennemi à couvert pendant l'attaque, ou au contraire de l'empêcher de se rapprocher dans la défense. L'équipe de pièce comprend un tireur et un aide-tireur porteur de la munition et du canon de rechange. Le feu est conduit par un sous-officier. Le solde du groupe, outre le transport de la munition supplémentaire, est doté de deux mitraillettes, pour la saturation par le feu dans le combat rapproché. La doctrine d'emploi suisse de la deuxième guerre mondiale, par exemple, préconise le tir à la hanche de rafales de cinq à huit coup, jusqu'à une distance de 50 m environ. Finalement, le solde des fusiliers est équipé d'un fusil à répétition ou semi-automatique d'une portée pratique de 3 à 400 m. Ils ouvrent le feu pendant les changement de positions, ou alors lors de la recharge ou du changement de canon.

Le chef de groupe doit donc par la force des choses gérer trois armes, deux calibres, trois types de pièces de rechange, trois façons d'instruire et d'engager les armes différents. De plus, le problème majeur pour le chef de groupe sur tous les continents est d'avoir la bonne arme au bon moment au bon endroit.

1939-1945, la guerre de la mitraillette

Certains, à l'exemple de l'armée rouge, ont privilégié le combat rapproché, en collaboration avec les chars, en équipant des bataillons entiers de mitraillettes. La mitraillette a également joué un rôle décisif dans les opérations spéciales menées par les alliés dans les pays occupés. L'apparition de mitraillettes de la deuxième génération, fabriquées le plus possible à partir de tôle emboutie, dotées de crosses pliantes ou démontables, plus légères et moins chères, plus simples à manufacturer, ont grandement aidé à leur diffusion.

L'armée allemande innovera cependant dès 1943 en inventant un nouveau système d'arme, le "Sturmgewehr", qui se voulait un compromis efficace entre la mitraillette à la faible cartouche de pistolet et le surpuissant fusil à répétition classique. Le Stgw 43 est en effet basé sur une cartouche de 7.92 mm dont la douille a été raccourcie, limitant la portée utile à environ 300 m, distance amplement suffisante en réalité (des études de l'US Army après la guerre confirmeront que l'immense majorité des blessures de fusil ont lieu à une distance inférieure à 100 m). Cette nouvelle cartouche permet de contrôler l'arme en tir automatique, et simplifie le problème logistique en n'ayant plus qu'un type de munition dans le groupe.

Le fusil d'assaut peut être défini comme suit: arme d'épaule portative, alimentée par un magasin à grande capacité (au moins vingt coups), pouvant tirer au coup par coup et par rafales une cartouche de puissance intermédiaire, et pouvant ainsi remplacer le fusil et la mitraillette.

La guerre froide et les guerres de libération des années 60

Les soviétiques avaient expérimenté à leur grand dam les effets du fusil d'assaut, et ne tardèrent pas à développer puis à produire leur propre version du Stgw 44. Cette arme, le Kalashnikov, allait être pendant près de quinze ans le seul vrai fusil d'assaut. Fabriqué en masse, à plus de 50 millions d'exemplaires, dans ses différentes variantes., il était simple, fiable, d'entretien et d'instruction facile. Il est devenu l'arme favorite des fronts de libération nationale dès les années 60, puis l'arme des groupes terroristes.

Pendant ce temps, les pays occidentaux persistaient à utiliser des armes utilisant un calibre classique et une munition à pleine puissance: FN-FAL belge, MAS 49/56 français, M14 américain, F ass 57 suisse.

Les mitraillettes continuèrent à se développer sous la forme d'une troisième génération, avec une culasse enveloppant partiellement le canon, afin de gagner en encombrement et en stabilité pendant le tir (UZI israélienne, Beretta M12 italienne). Leur rôle s'orientant de plus en plus vers les engagement spéciaux et la lutte contre le terrorisme.

La guerre des étoiles ou l'illusion de remplacer l'instruction par la technologie

Les années 70 et 80 ont vu une réduction généralisée des calibres des armes légères, ainsi qu'une prolifération des solutions techniques afin d'augmenter la probabilité de toucher: limitateur de rafales, visées au laser ou optiques. Un exemple symptômatique est donné par une des conclusion de plusieurs années d'essai du programme américain ACR, "Advanced Combat Rifle", qui visait à augmenter de 100 % la probabilité de toucher du soldat moyen: "le facteur déterminant dans la capacité de toucher est la qualité de l'instruction reçue, indépendamment de l'arme utilisée".

L'instruction

Dès la fin du XIXème siècle, toutes les armées firent des progrès remarquables dans l'instruction au tir de précision, car elles disposaient enfin d'un outil leur permettant de toucher à plus grande distance.

L'instruction consistait pour une grande part de tir à la cible à des distances connues dans un environnement très contrôlé, avec des cibles peu réalistes car immobiles et parfaitement visibles.

En temps de guerre, ce système conduit à une faible proportion de gens utilisant effectivement leur arme, environ 20 % d'après les travaux de l'américain Marshall. Les méthode classiques de tir à la cible, nécessitant une position stable, l'utilisation de la sangle, et un minimum de calme ne sont pas applicables dans les conditions chaotiques du combat, où les cibles sont souvent peu visibles, fugitives, mobiles, et où les armes ne fonctionnent pas toujours comme prévu.

Prenant le contre-pied des méthodes traditionnelles, certains développèrent une forme de tir dite instinctive, où les organes de visées n'étaient jamais utilisés. Cette méthode fonctionnait mieux, mais au prix d'une véritable débauche de temps et de munition à l'instruction, limitant par là sa diffusion aux membres de troupes spéciales.

Par ailleurs, l'étude citée plus haut commandée par l'école d'infanterie de Fort Benning, basée sur les interviews de milliers d'anciens combattants de divers théâtres d'opération, avait démontré que la majorité des blessures par armes légères étaient infligées à des distances inférieures à 100 m, et tendait également à prouver que le feu ajusté ne produisait pas plus de touchés que le feu impersonnel, ou, en d'autres termes, que le facteur décisif sur le champ de bataille était la saturation par le feu.

Ces trois facteurs contribuèrent dès les années '50 au développement d'une nouvelle méthode d'instruction au tir dans l'US Army, le système "Trainfire", où les tireurs, passé une courte familiarisation au tir de précision, tiraient l'essentiel du programme d'instruction en tenue de combat, dans des positions de combat typiques (tranchées, trous de tirailleurs, barricades, etc.), sur des cibles automatiques visibles un coup laps de temps, les sous-officiers étant engagés pour diriger le tir de leurs hommes.

Pour le combat rapproché, le système "Quick Kill" était instruit, prônant la renonciation à l'utilisation des organes de visée et le tir systématique de plusieurs coups.

L'échec du Vietnam

Au début des années 60, l'US Air Force chercha à acquérir une arme de survie légère et de petit calibre pour ses pilotes de bombardier. Les premiers modèles testés, fabriqués par Armalite sous le nom AR-15, connurent un vif succès, à tel point que l'Air Force en équipa ses formations de sécurité d'aérodrome.

Ce fusil fut ensuite fourni à certaines unités de l'armée sud-viêtnamienne car il convenait bien à la morphologie locale. Bien sûr, les soldats américains ne pouvant admettre que leurs alliés soient mieux équipés qu'eux, firent pression sur leurs députés, et bientôt, les unités américaines au Vietnam se virent équipées de M16 en calibre 5.56 mm.

Comme toutes les nouvelles armes, le M16 avait des maladies d'enfance. Le changement de la formule de fabrication de la poudre utilisée pour la munition, l'absence de matériel de maintenance adapté, une affirmation selon laquelle ce fusil "n'avait pas besoin d'être nettoyé" créèrent des problèmes certains.

Combiné au système d'instruction, à la dotation énorme en munition (400 cartouches par homme), à la pratique du feu de saturation (ou plus populairement le "spray and pray", aux conditions particulières d'engagement (adversaire invisible ou fondu dans la population) l'introduction du M16 ne donna pas les résultats escomptés.

Quatre chiffres ressortent de cette période.

- 80 % des hommes blessés ou tués en combat rapproché à l'arme légère avaient une arme qui ne fonctionnait pas.

- 25 % à 33 % des pertes sont dues au feu ami (erreurs d'identification, manque de pratique du tir en formation avec mouvement).

- 5 % des pertes sont dues à des accidents, spécialement hors des zones de combat (fausses manipulations, négligence).

L'US Army estime elle-même la consommation de munition nécessaire à l'obtention d'un touché à 50'000 cartouches (nombre de munition d'armes légères tirées pendant la durée de la guerre divisé par le total estimé des pertes nord-viêtnamiennes).

Ces chiffres démontrent que le système "classique" comme le système "tout instinctif" ont leur limitations et ne constituent pas une réponse valable aux besoins du champ de bataille.

Les armées modernes ont-elle peur des armes légères ?

Plus inquiétant est le nombre de morts inutiles par accident: 2500 personnes pendant la guerre du Vietnam.

Ce chiffre est la conséquence de l'instruction classique, où le tireur charge et retire les cartouches au commandement seulement, à un emplacement déterminé, ouvre le feu sur ordre sur des cibles bien précises, où les armes sont contrôlées à la fin du tir quant au retrait des cartouches.

Non pas qu'il faille renoncer à tout contrôle, loin de là. Seulement, la pratique montre qu'une fois hors du stand ou de la place de tir, tout le monde se comporte comme si les armes n'étaient pas chargées, et prend ainsi de mauvaises habitudes de sécurité (système de Pavlov).

La réponse habituelle aux accidents, qui seraient par ailleurs parfaitement évitables au prix d'une meilleure éducation à la sécurité, est d'émettre des prescriptions de plus en plus restrictives, de supprimer l'entraînement à risque, d'augmenter le nombre des contrôles, ce qui a en fait l'effet inverse, celui de déresponsabiliser le tireur, donc de provoquer d'autres accidents…

Le système Taylor

Cet aspect du problème sauta aux yeux d'un jeune capitaine de Rangers, Chuck Taylor. Taylor combattit au Vietnam comme chef de section, puis comme commandant de compagnie.

A cette occasion, il fut blessé quatre fois en combat rapproché à l'arme légère au cours de 18 mois d'opérations sur le terrain. Il vit également beaucoup de ses soldats se faire blesser ou tuer, selon ses dires, "parce que l'instruction qu'ils avaient reçue était inadaptée à la réalité".

De retour aux Etats-Unis, il effectua des recherches approfondies pour apporter des améliorations aux méthodes de tir et d'instruction au tir de combat. Après près de dix ans de recherche et d'expérimentation, , il fonda en 1980 une école de tir : l'American Small Arms Academy (ASAA), où il donne des cours destinés aux membres des forces de police et des forces armées.

Sa méthode de tir est utilisée depuis quelques années par différents corps constitués, police ou armée, entre autres:

- United States Marine Corps (1985)

- US Navy SEALS (1986)

- US Special Forces (1990)

- US Air Force Pararescue (1988)

- Drug Enforcement Agency (DEA) (1987)

- FBI (1980)

- Los Angeles Police Department (LAPD) (1984)

- San Diego PD (1985)

- Minneapolis PD (1986)

- Detroit PD (1985)

- Arizona State Police Academy (1983)

- Escadron Spécial d'Intervention (Belgique) (1985)

- Police Nationale (France) dans une version modifiée (1988)

- Corps des garde-frontières (1991)

Un point intéressant à noter est que la majorité des utilisateurs employaient au un système d'instruction "classique" ou un système "instinctif". Tous ont changé pour gagner du temps, des munitions, ainsi que de l'efficacité et de la simplicité lors de l'engagement. Le grand avantage du système Taylor est la similitude des manipulations et de la mécanique du tir avec toutes les armes (arme de poing, fusil, mitraillette, fusil de police), ainsi que la recherche systématique de la simplicité d'utilisation. Ces réflexes simples sont ensuite drillés, de manière à permettre à l'utilisateur de garder une certaine flexibilité pendant l'engagement.

Chuck Taylor n'a jamais eu un de ses élèves tué au combat depuis qu'il enseigne. Il est crédité d'avoir sauvé au moins une cinquantaine de vies de policiers ou de militaires avec sa méthode, y compris la sienne.

Instruction en Europe et en Suisse

La méthode Taylor fut introduite en Suisse par un groupe d'officiers, déçus de l'instruction déficiente reçue à l'école d'officier. L'un d'entre eux, constatant qu'avec 80 cartouches tirées à une main au pistolet sur une cible olympique il n'était guère apte à se défendre, chercha à se perfectionner et prit contact avec le responsable européen de Chuck Taylor, qu'il avait appris à connaître à travers ses publications dans la revue AMI (aujourd'hui, Fire !).

L'ASAA disposait en effet depuis 1984 en Belgique d'un représentant, Roger Swaelens, Chef-Instructeur de la Belgian Law Enforcement Agency, société qui s'occupe de la formation des forces de l'ordre et des professionnels de la sécurité. Roger Swaelens, responsable de l'ASAA pour l'Europe, vint donner un premier cours en Suisse en 1987. Le premier groupe de tireurs ainsi formé donna naissance à la SMTP (Société Militaire de Tir au Pistolet), qui commença un long travail de pour convaincre peu à peu des tireurs d'adopter ce système.

L'ASAA ou la BLEA peuvent instruire un tireur moyen au niveau "Basic" en environ deux jours et 250 cartouches, au niveau "Intermediate" et/ou "Advanced" en deux jours et 350 cartouches supplémentaires, selon l'habileté du tireur.

Différents essais conduits entre 1987 et 1992 dans un cadre hors service avec un total d'environ 100 tireurs ont prouvé qu'il est possible d'obtenir des résultats similaires, que ce soit dans le cadre de la SMTP ou des cours de l'Association Suisse des Sous-Officiers.

Cette méthode est facilement assimilable par des miliciens et permet d'obtenir de meilleurs résultats que la méthode conventionnelle, avec moins de temps et de munition. L'instruction est également grandement simplifiée du fait de sa construction "modulaire", c'est-à-dire une combinaison de drills simples. Le pourcentage de réussite aux tests est supérieur à 80 %.

Chaque année depuis 1988, les instructeurs du premier groupe ont suivi des cours de recyclage ou de perfectionnement, en Suisse, en Belgique et aux Etats-Unis, afin de se tenir au courant des derniers développement de la méthode. En effet, au contraire de bien d'autres, ce système est évolutif, c'est à dire que si une solution plus simple, plus efficace ou plus logique est trouvée pour résoudre un problème, elle est rapidement adoptée.

En 1991, un nouveau groupe s'est formé, DEFENDA, qui s'occupe d'une diffusion plus large des techniques de Chuck Taylor et de Roger Swaelens, notamment par la publication de manuels d'instruction, l'organisation de cours, notamment au profit de l'ASSO, de certains corps de police, certaines unités de l'armée et du Corps des Garde-Frontières, lequel recycle actuellement ses 1800 agents à ce nouveau système de tir.

En 1993, une démonstration eut lieu au profit du Chef d'Arme de l'Infanterie, ce qui conduisit à un essai à grande échelle dans une école de recrues et deux écoles d'officiers. Au vu des résultats de ces essais, l'infanterie organisa un premier cours pour instructeurs à l'école de tir de Walenstadt.

En 1994, le Chef de l'Instruction autorisa cette instruction, rebaptisée NTTC pour Nouvelle Technique de Tir de Combat, pour l'infanterie territoriale pour un essai à grande échelle en 1995 et 1996. Dès 1997, le solde de l'armée est instruit de manière échelonnée à cette nouvelle méthode.

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